Carl Lang, l’homme qui espère récupérer les déçus de Marine Le Pen

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La disgrâce de Jean-Marie Le Pen aurait-elle eu pour effet de faire sortir Carl Lang de l’ombre? L’ancien secrétaire général du Front national, poussé dehors en 2008, verrait bien sa petite boutique du Parti de la France, 2000 adhérents, devenir « la structure d’accueil naturelle » des déçus de Marine Le Pen. L’intéressé, 58 ans, kiné le matin et homme politique l’après-midi, s’est fixé l’objectif de doubler ses effectifs en deux ans.Carl lang18

Carl Lang avait adhéré au FN en 1978 « par anticommunisme et patriotisme » et face à « la droite faisandée et décadente de Giscard », à l’époque où Jean-Marie Le Pen apparaissait comme un possible « Reagan français ». Elu trois fois député européen, trois fois conseiller régional de Haute-Normandie puis du Nord-Pas-de-Calais, il voit sa carrière interrompue brutalement pour avoir défié Marine Le Pen dans le Nord-Pas-de-Calais. Il part en 2009 fonder le Parti de la France avec des « historiques », des « durs de durs » comme Martine Lehideux, Bernard Antony, Martial Bild, Fernand Le Rachinel (l’ex financier du FN) et les anciens députés Roger Holeindre, Pierre Descaves (décédé en 2014), Jean-Claude Martinez et Christian Baeckeroot.

Pour tous ceux-là, Marine Le Pen n’est qu’une « usurpatrice », « inapte à la gestion d’un parti, encore moins d’un pays », dit Carl Lang, qui la décrit comme « dangereuse, violente, brutale, méprisante», ayant «une gestion tyrannique du FN ». Mais pas Jean-Marie Le Pen, qui l’a pourtant poussé dehors ? « Il pouvait être autoritaire et cassant », reconnaît Carl Lang. Mais à l’entendre, en ces temps de « dédiabolisation », le « diable » du Front national serait une diablesse, et la rupture entre le père et la fille restera selon lui pour Marine Le Pen « une souillure morale », alors que son père « l’avait imposée contre vents et marées »à chaque échelon du parti. Ce qui lui fait ajouter, dans un alexandrin involontaire : « Il a creusé le trou dans lequel elle le jette. »

Pire encore, aux yeux de Carl Lang, Marine Le Pen « est de gauche, pas de droite. Elle n’est pas légitime pour défendre les idées de la droite nationale. C’est une souverainiste réfugiée dans le populisme démagogique. Ses idées ne correspondent pas à celles du parti pour lequel votent ses électeurs. En 2007, elle a entraîné son père dans une campagne à la tonalité chevènementiste alors que Florian Philippot n’était pas encore arrivé ». Il lui reproche aussi de ne pas s’être associée aux manifestations contre le mariage homosexuel: « C’était le plus grand mouvement de protestation depuis les manifs pour l’école libre en 1984, accuse Carl Lang, et elle a réussi l’exploit de ne pas s’y associer. C’est une immense faute politique.

En face d’elle, Carl Lang, qui n’avait pas été choqué par l’interview de Jean-Marie Le Pen à Rivarol, veut « incarner la vraie droite ». Dans le programme de son parti, il écrit: « Le gouvernement de gauche organise la liquidation de la France française, de la France chrétienne, de la France de l’entreprise, du travail et de l’épargne. La persécution fiscale des ménages et des entreprises, le laxisme judiciaire, les naturalisations massives d’étrangers, le mariage homosexuel et l’adoption d’enfants par les couples homosexuels, l’aggravation de la colonisation migratoire de notre pays et les gaspillages publics d’un pouvoir irresponsable sont des mesures de destruction de la France. » Il ajoute qu’il « revendique de représenter la droite nationale et la droite des valeurs, pour laquelle il y a un espace politique d’autant plus large que Marine Le Pen dérivera ».

En fin d’année, il lancera « une première campagne de sensibilisation auprès des maires », dans l’espoir de recueillir les 500 parrainages. Sans conviction. En revanche, il entend présenter une centaine de candidats aux législatives, qui permettent de bénéficier du financement public. Aux départementales, les binômes du Parti de la France ont obtenu entre 1,5% et 4,3% des voix, avec un pic à 16% dans un canton de Charente où le FN ne présentait pas de candidats.

Carl Lang a-t-il revu Jean-Marie Le Pen ? « Le contact a été rétabli », répond Lang. Le 5 septembre, à Marseille, certains de ses hommes, avec ou sans crâne rasé (« des voltigeurs de pointe », dit-il) assuraient le service d’ordre du déjeuner du fondateur du FN. Mais, affirme Carl Lang, « je ne pouvais pas engager davantage le parti ». Question subsidiaire: Le Pen pourrait-il, en 2017, appuyer une candidature Lang rien que pour tenter d’empêcher sa fille d’être au second tour de la présidentielle ? Pour l’instant, Jean-Marie Le Pen a choisi le combat au sein du FN. Mais pour Carl Lang, « tout est possible ».

Rentrée politique du PdF

Dans la matinée du samedi 12 septembre 2015, le Bureau Politique du Parti de la France s’est réuni à Paris avant la tenue d’un Conseil national élargi dans l’après-midi.

Carl Lang, Président du PdF, a ouvert les travaux en abordant l’actualité politique française puis a indiqué que le contact personnel avait été rétabli avec Jean-Marie Le Pen et que le PdF sera attentif à toute initiative de reconstruction de la droite nationale en dehors bien sûr du néo-FN dévoyé de Marine Le Pen.CN 12092015

Notre président a également annoncé que le IIIe Congrès du Parti de la France se déroulerait à Paris au mois de mai 2016 et que tous les militants devront se mobiliser lors de cet événement capital pour notre mouvement.

Les échéances électorales nationales de 2017 ont été abordées et le Parti de la France entend se mettre d’ores et déjà en marche pour les élections législatives, tout en entendant éventuellement jouer un rôle lors de l’élection présidentielle.

Thomas Joly, Secrétaire général, a fait le point sur l’organisation interne du mouvement, annonçant la création prochaine de nouvelles délégations du PdF dans plusieurs départements suite à un afflux important d’adhésions ces dernières semaines.

Christophe Devillers et Alde Vinci étaient tout naturellement présents à ce rendez-vous de rentrée politique et sont repartis avec plusieurs centaines d’affiches et plusieurs milliers de tracts à destination de la Franche-Comté.

Bureau Politique en présence de France 2 pour « Complément d’enquête »

Ce samedi 30 mai, était en partie réuni à Paris le Bureau Politique autour de son président Carl Lang, avec la présence de Myriam et Christian Baeckeroot, Martine Lehideux, Fernand Le Rachinel, Jean-Claude Frappa, Bruno Hirout, Eric Pinel, Eliane Le Cor, Jean Verdon, Michel BayveT, Dominique Slabolepszy ou encore Christophe Devillers.

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A noter que cette réunion se déroulait aussi en présence d’une équipe de France 2 agissant dans le cadre de l’émission « Complément d’enquête ».

 

Carl LANG répond aux questions de la Gazette de Côte d’Or

Ancien membre historique du Front national (1978-2008) et aujourd’hui président du Parti de la France, Carl Lang analyse la situation de son ex-formation politique, secouée par les tensions entre Jean-Marie Le Pen et sa fille Marine. Et l’ancien secrétaire général du FN n’est pas particulièrement tendre avec sa présidente…

La Gazette : Aviez-vous vu venir le clash entre Marine Le Pen et son père, Jean-Marie Le Pen, après les dernières déclarations de celui-ci dans le journal Rivarol, à propos notamment de Pétain ? carl lang16
Carl Lang : Le climat était déjà un peu agité. Ce qui s’est produit ne m’étonne donc pas vraiment. D’abord, une partie de l’entourage de Marine Le Pen est composée d’anciens membres du Mouvement national républicain (MNR) de Bruno Mégret, tels Nicolas Bay ou Steeve Briois. Lesquels voulaient depuis un certain temps déjà se débarrasser de Jean-Marie Le Pen. Je rappelle que Bruno Mégret avait entraîné des cadres du Front national dans l’épisode de dissidence de 1998.

Dans cette garde rapprochée figure aussi Florian Philippot…
J’allais y venir. M. Philippot vient de la gauche souverainiste. Quand il parle, j’ai l’impression d’entendre Jean-Pierre Chevènement. Comme Nicolas Bay, Steeve Briois et quelques autres, il ne souhaitait rien d’autre que de se débarrasser de Jean-Marie Le Pen. Et c’est l’autre aspect qui me fait dire que cet affrontement entre Jean-Marie Le Pen et sa fille Marine ne me surprend guère depuis que cette dernière mène un processus de normalisation. Elle veut être accueillie par les médias parisiens, et elle n’a qu’une obsession, faire du chiffre.

A-t-elle tué le père ?
Elle a su saisir l’occasion d’euthanasier électoralement et politiquement son père. Et cela me choque beaucoup. Car elle lui doit tout. C’est non seulement sa fille, mais si elle est présidente du Front national, elle le doit à son père. On ne se comporte pas comme cela avec son père. Jean-Marie Le Pen a imposé sa fille dans un parti où tout le monde ne voulait pas forcément d’elle. Il l’a protégée, n’hésitant pas à se séparer de cadres du Front national comme Marie-France Stirbois, Jean-Claude Martinez, Jacques Bompard ou moi-même. Et lors de l’élection à la présidence du FN en 2011, il a soutenu sa fille face à son vieux camarade de route, Bruno Gollnisch. L’acte de Marine Le Pen vis-à-vis de son père, je le considère comme une infamie.

Existe-t-il une réelle divergence idéologique entre Jean-Marie Le Pen et sa fille ?
Il y a une vraie différence entre eux : Marine Le Pen ne s’intéresse pas beaucoup aux idées politiques. Elle s’est inscrite dans une démarche purement électoraliste et populiste. Je le répète, mais son seul objectif est de faire du chiffre. Elle se contente de surfer sur les mécontentements. Alors que Jean-Marie Le Pen est un homme de droite nationale. Il a de profondes convictions, même si provocations médiatiques régulières ont certainement gâché ses chances d’accéder au pouvoir.

Car il le souhaitait vraiment ?
L’idée selon laquelle Jean-Marie Le Pen ne voulait pas du pouvoir et se complaisait dans un rôle d’opposant et d’agitateur est à mon avis fausse. Dans les années 80 et 90, je peux vous assurer que nous étions dans une logique de conquête du pouvoir. Jean-Marie Le Pen espérait vraiment parvenir au sommet de l’État. Puis, après la scission de 1998 avec Bruno Mégret, et plus encore après le second tour de l’élection présidentielle de 2002, il a compris qu’il n’était plus en situation d’y parvenir. Il en a donc pris acte. Ensuite, il a tout fait pour que sa fille dirige le Front national.

Revenons à Marine Le Pen. Vous estimez qu’elle n’a pas vraiment de ligne politique…
Son slogan, c’est « ni droite, ni gauche ». Cela fait longtemps que je suis convaincu qu’elle n’a pas de conscience politique. Et que si elle n’avait pas été la fille de Jean-Marie Le Pen, elle n’aurait jamais fait de politique. Elle se contente d’enfourcher les causes qui lui permettent de se faire voir et de se faire entendre.

Un rapprochement entre le père et la fille vous semble-t-il envisageable ? Jean-Marie Le Pen souhaite avoir une discussion avec sa fille…
Tout est possible. Il y a actuellement un front familial au sein du Front national. Mais je crois savoir qu’il y est très isolé. Ceux qui étaient des soutiens plus ou moins affichés de Jean-Marie Le Pen ont préféré se ranger derrière Marine. Parce que c’est elle qui a la main sur le parti, et chacun a très bien compris que c’est elle qui donne les investitures pour les élections. Chacun pense d’abord à son propre intérêt. Le discours de Jean-Marie Le Pen n’est quasiment plus défendu au sein du FN. Et cela est vraiment dommage. Car ses idées vont dans le sens de l’intérêt de la France.

Jean-Marie Le Pen a-t-il encore du pouvoir au sein du sein du Front national ?Non, il n’a quasiment plus de pouvoir. Pour les raisons que je viens de vous expliquer.

Avez-vous des contacts avec lui ?
Non, pas depuis 2009. La rupture personnelle est consommée. Politiquement, c’est autre chose. Il reste député européen pour les quatre prochaines années. Je ne pense pas qu’il va créer un nouveau parti politique. Mais plutôt une sorte d’association des amis de Jean-Marie Le Pen, où il serait par exemple possible d’organiser les conditions d’une reconquête de la droite nationale. J’ai créé le Parti de la France à cet effet. Pourquoi ne pas imaginer de travailler sur ce thème de la droite nationale en se concertant ? J’estime que le Front national d’aujourd’hui n’incarne plus les valeurs de la droite nationale. Et que l’association entre Marine Le Pen et Florian Philippot est une vraie imposture politique. Le FN est juste devenu un simple parti électoraliste, qui est rentré dans le système traditionnel. Il forme la bande des trois avec le Parti socialiste et l’UMP…

Réaction de Carl LANG à la nouvelle « formation » de Jean-Marie Le Pen

« Il fait la seule chose habile à ce stade : créer une association des amis de Jean-Marie Le Pen » décrypte Carl Lang, président du Parti de la France qui réunit les historiques du Front. « C’est sa seule façon de peser encore en interne, de compter ses troupes et de former un réseau ». carl lang4

Signes tangibles de sa volonté de recréer un réseau : Jean-Marie Le Pen s’est rendu samedi à la dédicace du livre de Roger Holeindre, Ca suffit ! Il n’avait pas recroisé le co-fondateur du FN depuis que celui-ci a claqué la porte, le jour même de la prise de pouvoir du FN par Marine Le Pen en janvier 2011. Les deux dirigeants, fâchés jusqu’alors, se sont fait la bise publiquement.

Lors du traditionnel défilé de Jeanne d’Arc des catholiques non-reniés dimanche dernier, Jany Le Pen représentait son mari. Une première que Carl Lang ne manque pas d’interpréter comme autant de « signes » de la volonté du président d’honneur suspendu du FN de renouer avec les anciens. Comme le dit d’ailleurs Jean-Marie Le Pen sur Radio Courtoisie, « le passé fut si beau en somme qu’il ne faut blâmer le destin », citant l’écrivain Robert Brasillach.

Le PdF au défilé en hommage à Jeanne d’Arc avec Civitas

3000 personnes ont participé au défilé organisé en l’honneur de Jeanne d’Arc par l’association Civitas et son président Alain Escada.
Partis de l’église Saint-Augustin, c’est en suivant une Jeanne à cheval que les manifestants ont rallié la place des Pyramides sous le soleil.carl lang15
Dans le cortège, de nombreuses personnalités de la droite nationale. On pouvait reconnaitre notamment, Carl Lang, Président du Parti de la France, entouré de nombreux militants comme Martine Lehideux, Myriam et Christian Baeckroot, Jean-Pierre Reveau, Thomas Joly, le Président du CNC, Roger Holeindre ou encore Dominique Morel, Sandrine Debode, mais aussi de Roland Hélie de Synthèse nationale, Thibaut de Chassey, Président du Renouveau français, Elie Hatem de l’Action française, l’Abbé Beauvais.

Egalement présent dans le défilé, les très persécutés par le pouvoir socialiste, Yvan Benedetti et Alexandre Gabriac qui avaient déjà participé à la manifestation du matin.
A noter aussi, pour la première fois, la présence de Jany Le Pen qui est passée exprimer en quelques mots son soutien, avant que le cortège ne se mette en marche.

Entretien de Carl LANG pour Synthèse nationale

SN : Carl Lang, vous avez été à deux reprises le Secrétaire général du Front national et vous avez été exclu par Jean-Marie le Pen pour vous être opposé à sa fille lors des élections européennes de 2009. Comment analysez-vous les récents déchirements entre JMLP et Marine Le Pen à la tête du Front national ?carl lang13
Nous assistons à l’accélération du processus de normalisation politique et de soumission de Marine Le Pen à la dictature de la pensée unique. En refusant à Jean-Marie Le Pen l’expression de sa liberté d’opinion et de parole, elle espère continuer à s’attirer les bonnes grâces des maîtres de l’information et des médias. Elle a décidé de sacrifier son père sur l’autel de la soi-disant dédiabolisation et c’est pourquoi j’ai parlé d’une tentative d’euthanasie électorale et politique.
Ce que Madame Le Pen et son entourage ne comprennent pas est que la dédiabolisation est un mirage et une course sans fin pour complaire au système idéologique dominant et totalitaire. Après avoir liquidé Jean-Marie Le Pen, il faudra se débarrasser du FN qui est le mouvement de Jean-Marie Le Pen. Mais cela ne suffira pas : il faudra aller encore plus loin dans le reniement et l’allégeance. Après avoir abandonné le discours de droite économique et s’être alignée comme cela est déjà fait sur la bien pensance laïciste, citoyenne et républicaine et le souverainisme de gauche, après avoir refusé de participer aux manifestations du combat pour nos valeurs de la Manif pour Tous, elle devra finir par abandonner la préférence nationale et la défense de l’identité nationale. En effet celles-ci ne sont pas compatibles avec les soi-disant valeurs de leur république socialiste. Et tout au bout de cette longue marche politique de la honte, Madame Le Pen aura encore un problème : elle s’appelle Le Pen.

Et puis, au-delà de l’aspect politique et du reniement de nos valeurs, nous assistons au lamentable spectacle de l’infamie morale.
Toutes les sociétés humaines se fondent sur le premier socle qui est le socle familial. Dans les sociétés chrétiennes cela s’exprime par le quatrième commandement du Décalogue : « Tu honoreras ton père et ta mère ».
Marine Le Pen doit politiquement tout à son père qui l’a embauchée au service juridique du Front National et imposée dans les instances dirigeantes et ce, contre l’avis de nombreux cadres du Front National durant les années 2000. Lors du Congrès de Nice en 2003, Marine Le Pen qui a été classée 34ème à l’élection du comité central fut nommée vice-présidente du FN et donc membre du Bureau Exécutif par son père. Au congrès de 2007, Bruno Gollnisch voit disparaître la délégation générale dont il était le responsable et se retrouve relégué à une fonction de vice-président exécutif chargé des affaires internationales alors que Madame Le Pen est nommée par son père vice-présidente exécutive chargée de la direction du Front National. J’avais à l’époque résumé la nouvelle situation de la direction par la formule suivante : « Il y a dorénavant une vice-présidente exécutive et un vice-président exécuté ». 


Je n’oublie pas non plus la manière ignoble dont notre amie Marie-France Stirbois, militante et élue exceptionnelle a été traitée pour s’être opposée dès le début avec lucidité et courage au double jeu et aux impostures de Marine Le Pen. Marie-France est décédée suspendue du FN mais pas exclue car Jean-Marie Le Pen ne trouvait pas de majorité au Bureau exécutif ou au Bureau politique pour l’exclure. L’ancien président du FN a ainsi épuré de manière systématique, impitoyable et sans aucun état d’âme tous ceux qui osaient contester les ambitions ou les idées de sa fille.  Ce n’était plus le Front National et la préférence nationale mais le Front familial et la préférence familiale. Et puis, cerise sur le gâteau, Jean-Marie Le Pen a soutenu ouvertement et totalement sa fille contre Bruno Gollnisch à l’occasion de la grande mascarade du congrès de succession à la présidence du Front National. Chacun se souvient des formules élégantes du style : « il arrive que les dauphins s’échouent sur les plages » ou bien « on ne compare pas une 2 CV à une Formule 1 » etc…
La tentative de mise à mort électorale et politique de Jean-Marie Le Pen par sa fille est, dans ce contexte, particulièrement infâme. Il est bien évident que Jean-Marie Le Pen ne récolte que ce qu’il a semé et qu’il a lui-même creusé le trou dans lequel sa fille veut le jeter, mais la preuve est faite que Marine Le Pen ne respecte rien ni personne, ni même le père à qui elle doit tout. Elle portera toute sa vie l’infâme souillure de ce parricide politique et le discrédit moral définitif qui l’accompagne.
Cela faisait 35 ans que les partis du système rêvaient de se débarrasser de Jean-Marie Le Pen qui avait échappé jusqu’à présent à tous les peletons d’exécution médiatiques. Personne n’aurait pu imaginer que le coup de grâce lui soit porté par sa propre fille. Quelle jubilation pour tous les ennemis de la cause nationale.

SN : Quel est selon vous à ce stade la marche de manœuvre de Jean-Marie Le Pen ? 
Elle est très faible. La peine de mort électorale a déjà été appliquée car il a dû renoncer par la force à sa candidature en PACA au profit de sa petite fille qui s’est d’ailleurs empressée d’indiquer quelle ne voulait pas d’un « ticket » avec Bruno Gollnisch. Bruno fera ainsi partie de la même fournée que Jean-Marie Le Pen. Ite missa est.
Jean-Marie Le Pen qui est le dos au mur en est réduit à essayer de survivre politiquement en sauvant la présidence d’honneur du parti qu’il a fondé en 1972 et dont il a été le président durant 40 ans. Je pense qu’il dispose d’arguments statutaires et juridiques solides. Par ailleurs la multiplication des mises en examen dans l’entourage de Marine Le Pen devrait l’inciter à réaffirmer son rôle de président d’honneur en exigeant des explications sur ces affaires et la mise en place d’un audit sur le financement des campagnes électorales ainsi que la création sous sa présidence d’honneur d’une commission d’enquête…
Mais je ne connais pas quel est son niveau de détermination et comme disait un célèbre humoriste : « En termes de prédictions l’avenir c’est compliqué ».

SN : Compte tenu de l’évolution du FN comment voyez-vous l’avenir de la droite nationale ?
Une chose est acquise aujourd’hui, M. Philippot et Madame Le Pen ne représentent plus les idées ni les valeurs de la droite nationale française. Leur populisme de gauche, leur souverainisme de gauche et leur démagogie électoraliste les ont classés dans le camp de l’imposture. Je pense souvent, puisque Monsieur Philippot se dit Gaulliste, à nos compatriotes pieds noirs qui en 1958 acclamaient de Gaulle en croyant qu’il allait sauver l’Algérie française alors qu’il avait déjà décidé de l’abandonner et de la livrer aux tueurs du FLN en trahissant ainsi tous ceux, militaires et civils, qui s’étaient rangés du côté de la France. Le Gaullisme est décidemment une belle école de l’imposture politique.
Le Front national canal historique dont je faisais partie avec fierté défendait des convictions même si celles-ci n’étaient pas populaires. Marine Le Pen ne défend que ce qui est populaire ou dans l’air du temps et ce, quelles que soient les convictions.
Entre les reniements politiques et personnels, l’allégeance idéologique à la pensée unique, la démagogie grossière et les mises en examen de ses proches, on peut dire que le parti de Madame Le Pen est vraiment devenu un parti comme les autres. Elle est entrée de pleins pieds dans le système UMPSFN, le système de la bande des trois.
Lorsque j’ai fondé avec de nombreux anciens cadres du Front National le Parti de la France, j’avais indiqué publiquement que je n’avais aucune confiance ni politique ni personnelle en Marine Le Pen. Les faits ne cessent de nous donner raison.
Voilà pourquoi il est plus que jamais nécessaire d’œuvrer à la refondation de la droite nationale et c’est la vocation du Parti de la France. Notre porte est ouverte à tous les nationaux qui veulent défendre nos valeurs européennes et chrétiennes de civilisation, notre identité nationale, le droit du peuple français à rester lui-même et à disposer de lui-même, notre programme de droite économique et notre projet de patriotisme social.
Il est temps que tous ceux qui veulent mener la bataille politique, culturelle et historique de résistance nous rejoignent. Ne soyons pas les spectateurs de la débâcle française.
Nous pourrons ainsi défendre ensemble notre idéal, nos valeurs, nos convictions, nos familles, notre France et notre Europe.
C’est notre devoir et ce sera notre fierté. 

Interview de Carl LANG pour France TV Info

carl lang14« Ce qui se passe aujourd’hui est un évènement aussi important que la création du Front national. C’est, d’une certaine manière, la mise à mort du FN par la mise à mort politique de Jean-Marie Le Pen. Ce qui est incroyable, c’est que la classe politique française rêvait depuis 40 ans de liquider Jean-Marie Le Pen… et c’est sa fille qui porte le coup de grâce définitif. Ce doit être le summum du plaisir politique parmi les adversaires de Jean-Marie Le Pen.

C’est du Sophocle. Ce pourrait être une poésie tragique grecque 

C’est un événement à la fois politique et humain. Madame Le Pen décide de renier politiquement et humainement son père politique et son père génétique. Elle n’existe au Front et elle n’y a existé que par la volonté de Jean-Marie Le Pen. Marine Le Pen s’est imposée au FN depuis de nombreuses années contre l’avis de beaucoup de dirigeants du parti. Jean-Marie Le Pen a fabriqué politiquement sa fille. Il l’a promue. Par elle et avec elle, il a transmis l’héritage familial. Chez les Le Pen, l’héritage c’est un bien de famille. Et elle a attendu d’avoir hérité pour l’euthanasier politiquement.

Jean-Marie Le Pen ne peut être exclu immédiatement. La marche de manœuvre de l’actuelle présidente du FN est assez étroite. Que peut-elle faire ? En principe, et de toute manière, on est rentré dans une logique de confrontation qui ne peut que s’aggraver, me semble-t-il. Marine Le Pen peut difficilement décider d’exclure son père, suite à une déclaration qui n’est finalement rien d’autre que ce qu’il dit depuis 40 ans. Cela relève de l’hypocrisie et de l’imposture.

Jean-Marie Le Pen est humilié et ulcéré par l’attitude de l’entourage de Marine Le Pen. Et il le signifie par ses déclarations. Il défie sa fille d’une certaine manière. C’est délibéré. C’est clair et net. D’où l’idée de revenir dans Rivarol sur le Maréchal Pétain, sur le principe de « réconciliation nationale » et de vouloir imposer le discours d’origine du Front. Marine Le Pen l’a déjà quasiment annoncé : elle désire retirer l’investiture de Jean-Marie Le Pen aux régionales.

Deux cas de figure : soit Jean-Marie Le Pen est toujours Jean-Marie Le Pen et, dans ce cas, il continue dans sa stratégie. Il annonce qu’il sera toujours candidats aux régionales. Deuxième cas de figure : il rentre à la niche, la queue basse et il accepte. Ce qui me paraît à priori difficile et peu probable. S’il maintient sa candidature, Marine Le Pen doit trouver une autre tête de liste du FN face à la liste portée par Jean-Marie Le Pen. À partir du moment où M. Le Pen père se présente sur une liste FN non investi par sa fille, c’est la deuxième étape. Il va faire ce que j’ai fait en 2009. Il a les moyens financiers et politiques de rester candidat malgré tout et de lancer un appel dans sa région pour la constitution d’une grande liste de droite nationale.

La bataille politique est perdue 

Les choses ont évolué. Les déclarations de Marine Le Pen sont définitives. Ce n’est pas une guerre mais une mise a mort politique. C’est une rupture politique. D’ailleurs, sur l’aspect politique, c’était dans l’ordre des choses. La logique de normalisation de Marine Le Pen conduit à la disparition nécessaire du FN de Jean-Marie Le Pen. Les évènements ont fait qu’elle choisit de se débarrasser du père.

Reste à savoir si elle veut garder le nom FN. Son intérêt n’est pas nécessairement de liquider le FN à partir du moment où elle a liquidé son père. Jean-Marie Le Pen, lui, peut régler des comptes mais la bataille politique est perdue. C’est peut-être son dernier combat. Nous sommes dans le Front familial et non le Front national. Cet acte de reniement et d’hypocrisie révèle une personnalité forte à tous. Marine Le Pen considère que sa mission politique l’appelle à tuer son père. Elle a décidé d’euthanasier papa. C’est incroyable.

Jean-Marie Le Pen a une bonne formule. Il dit : « Marine le Pen fait l’union nationale contre son père ». Elle porte le coup de grâce. Et Jean-Marie Le Pen récolte ce qu’il a semé. C’est lui qui l’a fabriquée. Et malgré plusieurs mises en garde, il a purgé le FN de ceux qui contestaient madame le Pen pour l’imposer en force. Ça se retourne contre lui. C’est politiquement et humainement assez extraordinaire.

Le FN est devenu aujourd’hui un parti électoraliste, une écurie électorale. Comme tous les autres partis. J’ai toujours considéré que Jean-Marie Le Pen avait fait des erreurs médiatiques dans ses provocations. Et que la ligne politique de Marine Le Pen était de faire le FN de son père sans les provocations. Ce n’est pas ce qu’elle fait. Ça c’est ce que voulait faire Bruno Mégret. Marine Le Pen change totalement la ligne politique du FN lepéniste. Elle a transformé un mouvement de droite nationale en un mouvement souverainiste de gauche et populiste. Elle procède par démagogie.

Florian Philippot est devenu une sorte de démon. Et au sein du FN, tous prennent leur position en fonction de l’état de l’opinion. C’est exactement le contraire de Jean-Marie Le Pen. Lui était capable de défendre ses idées même si elles n’étaient pas populaires. Sa fille défend ce qui est populaire quelque soient les idées. Elle s’en contre-fiche. C’est une professionnelle de l’électoralisme. Elle fait de très bons scores d’ailleurs.

Les conditions sont là. À la limite, elle ne dirait rien que ce serait aussi bien. Il suffit de ramasser les fruits qui tombent tout seul. Depuis 2012, l’opposition ce n’est plus rien. Une donne nouvelle apparaît aujourd’hui : la montée en puissance de Sarkozy. Marine Le Pen a un boulevard… des conditions exceptionnelles et une stratégie mauvaise. Les gens sont déçus par la droite et la gauche. Quand on leur dit ce qu’ils ont envie d’entendre, c’est facile. Le FN porte un discours citoyen laïciste comme les autres. C’est électoralement efficace. On ne peut pas faire le reproche à Jean-Marie Le Pen de faire un discours par démagogie. Il l’a toujours fait par conviction. Le rêve des socialistes était de faire un second tour avec Marine Le Pen. Aujourd’hui, je considère que c’est mort. Il y aura un deuxième tour FN-Sarkozy.

Je suis le seul cadre de l’histoire à avoir été exclu tout seul. Jean-Marie Le Pen a été mon juge d’instruction, le président du tribunal, le jury et l’exécuteur. Mon exclusion s’est déroulée en quelques minutes face à un homme et sans aucune convocation des instances du FN. Il ne voulait pas prendre de risque d’une abstention. Le seul moyen était de faire l’unanimité.

Ce qui se passe aujourd’hui est politiquement dramatique. Avec la disparition de Jean-Marie Le Pen, le contenu de son discours patriotique n’est plus défendu par personne. C’est la fin de quelque chose ou le début d’autre chose. C’est possible en créant les conditions à l’extérieur du FN. Tout s’est décidé en 2007 quand Jean-Marie Le Pen a dégagé Bruno Gollnisch de la Délégation générale pour y mettre sa fille. C’était la donation avant la succession. Tous les opposants à Marine Le Pen ont été purgés. Ce qui se passe était donc écrit et annoncé depuis des années.

Le FN est aujourd’hui un parti électoraliste sur le fond et sur la forme. C’est Marine Le Pen qui donne les mandats, les postes. Elle a le financement. En fonction de ce que va faire Jean-Marie Le Pen, elle va mesurer la qualité de ses amis. Je n’ai pas suivi Bruno Mégret en 1998 car je n’avais pas de désaccord politique de fond avec Jean-Marie Le Pen même si, comme Bruno Mégret, je considérais que les provocations lepénistes étaient nuisibles. Mais cela, c’était la forme des choses. Jean-Marie Le Pen défendait des valeurs qui étaient les miennes. Cela n’a pas changé.

Aujourd’hui, Jean-Marie Le Pen peut participer à la mise en place de la nouvelle droite nationale. Il a la possibilité de redistribuer politiquement les cartes. Je ne suis pas fermé à la constitution d’un rassemblement national. Même si, personnellement, la rupture est consommée. Mais en termes politiques, c’est différent. Rien n’est à exclure. Je crois que les idées de Jean-Marie Le Pen sont conformes à l’intérêt du pays. Il existe un potentiel, un espace électoral. Il faut en trouver un politique et médiatique. Jean-Marie Le Pen n’a plus qu’à le créer. Et la clé, c’est l’argent.

Résultats du 1er tour des départementales

Candidats du Parti de la France :
Thomas Joly et Monique Thierry – Beauvais 2 – Oise - 2,49 %
Monique Delevallet et Kévin Reche – Calais 2 – Pas-de-Calais - 3,30 %
Katy Basseux et Dominique Slabolepszy – Marly – Nord - 1,72 %
Pierre Deplanque et Dolorès Thomas – La Couronne – Charente - 16,31 %
Dominique Chalard et J-C Perdreau – Pont-du-Château – Puy-de-Dôme - 4,17 %
Patricia Goutay et Dominique Morel – Brassac-les-mines – Puy-de-Dôme - 2,45 %

Candidats soutenus par le Parti de la France :
Jean-Christophe Fiaschi et Valeria Vecchio – Draguignan – Var - 1,62 %
Magali Martinez et Thierry Vermeille – Sorgues – Vaucluse - 5,87 %
Christophe Chagnon et Marie-France Veyret – Échirolles – Isère - 0,84 %